Les racines de l'hypnose se perdent dans la nuit des temps, bien avant notre ère... On en trouve des traces il y a plus de 6000 ans, en Mésopotamie, mais aussi il y a 3000 ans, en Egypte, sous Ramsès II. En ces temps reculés, partout dans le monde, des milliers d'individus pratiquent l'hypnose sans le savoir. C'est bien plus tard qu'elle se formalisera...

En 1843, un médecin écossais, James Braid (1795-1860), pose les bases de ce qu'il nommera hypnotisme, en se référant aux travaux d'un confrère allemand, Franz Anton Mesmer (1734-1815), à l'origine du mesmérisme, une théorie basée sur le magnétisme animal.

L'hypnose classique est née.

Nombreux sont ceux qui élaborent des théories, effectuent des recherches sur ce phénomène et l'utilisent en thérapie : Liebault, Charcot, Gassner, de Faria, Deleuze, Elliotson,  Esdaille, Tokarski, Coué, Janet, Bykov, Patonov, Durville, Jagot...

En 1891, Hyppolite Bernheim (1837-1919), une autorité dans ce domaine, invente le mot psychothérapie pour nommer tout traitement thérapeutique à base de suggestions hypnotiques.

Sigmund Freud (1856-1939), psychiatre, puis Carl Gustav Jung (1875-1961), psychanalyste, étudient l'inconscient grâce aux connaissances héritées de l'hypnose, mais n'utilisent pas cette méthode avec leurs patients, car ils la trouvent trop autoritaire et trop dirigiste. Beaucoup, à l'époque, considèrent que l'hypnose classique manque de finesse, d'humanisme et d'écoute.

D'ailleurs, l'hypnose est en perte de vitesse, dans la seconde moitié du XIXème siècle, notamment à cause de l'apparition du chloroforme. Certains la considèrent même comme une pratique occulte, voire magique. Les spectacles d'hypnose sont nombreux, ce qui confère à cette pratique une image négative, encore ancrée aujourd'hui, laissant penser que l'hypnotiseur domine l'hypnotisé...

C'est un américain, Milton Hyland Erickson (1901-1980) qui lui redonne ses lettres de noblesse, pendant l'entre-deux guerres, révolutionnant le concept d'hypnose, en prouvant comment l'inconscient d'un individu est capable de trouver une réponse personnelle et créative pour résoudre rapidement le problème qui le fait souffrir. L'hypnose ericksonnienne, approche souple, indirecte et non-dirigiste, est une psychothérapie brève, n'excédant par 10 séances sur quelques mois de temps.

Dans les années 70, Richard Bandler (1950) et John Grinder (1940) formalisent la pratique d'Erickson et inventent la PNL (Programmation Neuro-Linguistique), qui donnera naissance à la nouvelle hypnose, combinant PNL et hypnose ericksonnienne.

Et aujourd'hui, il y a aussi l’hypnose humaniste, l’hypnose totale, l’hypnose flash, l’hypnose intégrative, etc. Pour faire simple, il y a autant de types d’hypnoses que de thérapeutes. Milton Erickson a simplement redécouvert ce que d’autres avaient mis en œuvre sans s’y étendre. Depuis toujours, des milliers de thérapeutes utilisent les “pouvoirs” de la transe hypnotique pour aider la personne à résoudre ses problèmes internes, spirituels, philosophiques, psychologiques, sociaux et parfois physiques, en reconnectant le mental à l’âme, en investiguant les souvenirs, en recadrant les émotions, en révélant les raisons profondes…

A l'heure actuelle, cette “vieille” pratique s'est imposée comme un outil thérapeutique incontournable, en association avec la médecine traditionnelle. De plus en plus, le corps médical la reconnait, et certains médecins l'utilisent, notamment pour les anesthésies ou dans le domaine psychiatrique.